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Les Services Liturgiques pendant le Carême
Il n’est pas vain de le redire une fois encore, le Grand Carême est avant tout un cheminement spirituel dont la destination est Pâques, la Fête des fêtes. Il en va du Grand Carême comme de tout voyage : des étapes viennent ponctuer notre progression vers le jour radieux de Pâques, la Fête des fêtes. Afin que nous ne nous égarions comme en un immense désert intérieur, l’Eglise, dans la sagesse de sa Tradition, a posé sur notre chemin des repères qui sont comme autant de sources auxquelles nous nous désaltérons. Ces repères sont les différents offices du cycle liturgique hebdomadaire. La participation à ceux-ci, ou du moins à certains, dans la limite du temps dont chacun dispose, représente l’une des composantes essentielles au cours des quelques semaines de notre « printemps spirituel. » Malheureusement, la vie professionnelle intense ou simplement la distance géographique nous contraignent trop souvent à demeurer dans la frénésie de ce monde. Toutefois, afin que le plus grand nombre d’entre nous puisse y participer, notre paroisse propose de nous assembler en église à des horaires que nous espérons très largement praticables. Tandis que certains de ces offices sont régulièrement priés à Saint-Julien (Grandes Vêpres et Prière des Heures), d’autres sont exclusivement propres au temps du Grand Carême (Grandes Complies et Hymne Acathiste). Nous en rappellerons brièvement le sens dans les lignes qui suivent.
Les Grandes Vêpres ont lieu toute l’année le samedi soir à 17h. Dans sa forme actuelle, cet office remonte probablement au septième siècle mais les chrétiens du premier siècle connaissaient déjà un office du soir, comme en atteste saint Clément de Rome. Les Vêpres marquent le début du jour nouveau. « Il y eu un soir, il y eu un matin. » nous enseigne le livre de la Genèse : le chrétien est celui qui marche de la ténèbre vers la pleine lumière. Les Vêpres sont toujours accueil et préparation. Le samedi soir, elles nous introduisent au mystère de la Résurrection et nous préparent à la liturgie eucharistique du dimanche. De manière plus spécifique pendant le Grand Carême, des chants du Triode (le livre liturgique propre à cette période) sont insérés à l’hymnographie de cet office. Ainsi, pour le Dimanche des Saintes Icônes (premier de Carême), l’accent est mis l’Incarnation qui a rendu possible une représentation en vérité du Sauveur : « Devant Ta sainte icône nous nous prosternons, Dieu de Bonté (…). (Tropaire de la fête). [1] Les Grandes Complies sont célébrées chaque mercredi soir du Grand Carême à 19h. Bien que cet office soit d’origine monastique, il a assez tôt été intégré à l’usage cathédral (et paroissial par la suite).Cette particularité est intéressante car elle montre combien la foi byzantine se nourrit et s’inspire de l’exemple monastique dans sa pratique. Dans les monastères, il est chanté après le repas du soir et forme donc le dernier office de la journée. Les Grandes Complies de Carême sont une version étoffée des Petites Complies, au cours de laquelle notamment la prière de saint Ephrem est récitée en assemblée [2]. Cette courte prière forme la prière par excellence du temps de Carême car, selon Père Alexandre Schmemann, « elle énumère d’une façon très heureuse tous les éléments négatifs et positifs du repentir, et constitue en quelque sorte un aide-mémoire pour notre effort personnel de Carême. » La Prière des Heures a lieu tous les mercredis et vendredis de l’année à 12h 15. Pendant le Grand Carême, cet office ne se récite à Saint-Julien que le mardi uniquement. La Prière des Heures tire son origine de la division du temps dans le monde antique : Prime est dite à la première heure (vers 6 heure du matin) et célèbre le commencement de la journée, Tierce à la troisième heure (vers 9h) et fait mémoire de la descente du Saint Esprit à la Pentecôte, Sexte à la sixième heure (vers midi) et commémore la crucifixion. None se prie à la neuvième heure (vers 3h) et rappelle la mort du Seigneur sur la croix. C’est l’heure de Sexte qui est priée dans notre paroisse. Durant cet office en temps de Carême, on lit des extraits du Livres d’Isaïe qui nous révèle le grand mystère du salut par les souffrances et le sacrifice du Christ. A l’instar des Grandes Complies, les Heures Liturgiques sont également d’origine monastique. L’ Acathiste est chanté les cinq premiers vendredis de Carême à 19h. Cette longue composition poétique est « un chant de gloire » en l’honneur de la Mère de Dieu et fut vraisemblablement chantée pour la première fois en l’an 626, sous le règne de l’empereur Héraclius. Constantinople était alors assiégée par les Perses et les Avars. Le peuple de la ville et l’armée, sur l’injonction du Patriarche Serge, montèrent alors tous sur les remparts pour veiller à la défense de la capitale impériale. La situation semblait tout a fait sans le moindre espoir lorsque, finalement, le miracle se réalisa : la Mère de Dieu parue au-dessus de la ville et l’ennemi leva le siège peu après. « Si cette hymne se chante encore aujourd’hui debout, c’est pour rappeler que, lors du siège de Byzance, le peuple l’avait chanté debout sur les remparts de la ville. » [3] ____________________________
[1] Pour une présentation plus détaillée de l’office des Grandes Vêpres, nous renvoyons le lecteur à notre site internet, rubrique Spiritualité puis Liturgie ( lire l'article). [2] Celle-ci ne se limite bien sûr pas uniquement aux Grandes Complies. [3] Citations d’après l’édition de Père Maximos Fahmé ( lire la note d'histoire ). |